Par Fred Drolet, collaboration spéciale

S’amuser en travaillant, sur un terrain de jeu grandiose et avec des paysages à couper le souffle. Voilà ce qu’évoque pour moi la montagne qui est devenue mon bureau il y a 10 ans! En effet, Noël 2010 marque mon premier départ pour les alpes françaises. J’y ai passé six hivers à skier et à travailler sur les plus gros domaines skiables au monde! Skier à tous les jours, c’est la vie, c’est ma vie!

Depuis la fin de mon aventure européenne et encore à ce jour, le ski occupe une très grande place dans mon quotidien. Maintenant un adepte de télémark, il est assez facile de me trouver un matin d’hiver… toujours sur la montagne! D’autant plus que mon travail m’amène à me déplacer aux quatre coins du domaine skiable, de jour comme de nuit. Je fais partie de l’équipe de neige à Tremblant, montagne qui possède l’un des plus important système d’enneigement en Amérique!

L’envers du décor, tout le processus derrière le produit final qui est offert aux skieurs et planchistes, m’a toujours fasciné et passionné. En France, c’était conception, construction, entretien et sécurité des espaces freestyles sur la montagne, les parcs à neige.

Partir d’un champ d’herbe jusqu’à une piste enneigée et prête à skier demande du temps et beaucoup d’effort de la part de plusieurs départements au sein d’un centre de ski. Pour ma part, mon département c’est l’enneigement. À motoneige ou à ski, je parcours la montagne afin d’assurer une bonne et belle production de neige! Un côté méconnu du grand public. Plusieurs parlent de neige artificielle, pourtant, il s’agit bel et bien de vraie neige. Le terme exact est plutôt neige fabriquée (“neige de culture” en Europe). Après tout, ce n’est que de l’eau et de l’air!

Petit journal de bord

9 décembre 2020 : il est 6 h du matin, la montagne se réveille tranquillement. Les premiers employés entrent en poste afin de préparer l’arrivée des skieurs et planchistes. Les remontées mécaniques démarrent, les patrouilleurs prennent place à bord et direction le sommet.

Mais la montagne ne dort jamais vraiment. Pendant ce temps, le système d’enneigement roule à plein régime. Les températures froides permettent une production maximale et une qualité de neige incroyable!

C’est le début du mois décembre, la journée commence bien. Quand tout à coup sur la radio on entend : « 10-19. 10-19. FLASH FLASH »

L’expression flash signifie une panne de courant, ce qui veut dire plus d’électricité pour alimenter ni les pompes, ni les compresseurs. Donc plus d’eau, plus d’air. La circulation d’eau est interrompue et avec les grands froids que nous connaissons, c’est une question de temps avant que cette eau stagnante ne gèle. Et ce gel apporte malheureusement son lot de bris.

C’est une véritable course contre la montre qui commence : une fermeture complète des canons à neige afin d’éviter la catastrophe. Toutes les équipes de neige sont à pied d’œuvre, aux versants Nord et Sud. En moins de deux heures, la situation est rétablie. Le système est à nouveau pressurisé et prêt à opérer! L’action rapide permet d’avoir seulement quelques gels de canons sans aucune conséquence.

Nous avons connu un début de saison d’enneigement remplie de hauts et de bas, évidement liés de près à la météo. Période de chaleur exceptionnelle à la mi-novembre, plus de 20˚C, et presque toute une semaine sous -15˚C en décembre. Il reste encore beaucoup de terrain à enneiger, ce n’est que le début.

Bonne glisse!