Que pouvait-on espérer de la création d’un journal par une journaliste : un journal de contenu! Un contenu d’une curiosité bien placée et d’une plume affilée pour promouvoir nos Laurentides avec créativité; avec des yeux nouveaux et un regard humain, édition après édition, pour « vendre » la région aux alentours. Pari gagné. D’abord nommé Vivre dans les Laurentides en 1989, puis La Presse Touristique (LTP) depuis 1997, Michèle Lalonde raconte.

Une rencontre déterminante

Dans les années 80, le destin de Michèle allait se lier à celui de Diane Garand. Toutes deux collaborent alors au Journal des Pays-d’en-Haut (Québecor) : Michèle, journaliste, fouine dans Val-Morin et Val-David pour raconter tout ce qui s’y passe; Diane vend les vœux spéciaux aux entreprises (très populaires à l’époque), puis la publicité des cahiers thématiques. « Diane est une vendeuse. Une vraie de vraie. » Quant à Michèle, elle a développé un excellent sens publicitaire et la rédaction de publireportages est parfaitement dans ses cordes. Les deux acolytes, talents complémentaires, propulsent ainsi le concept des cahiers dédiés à divers thèmes.

Une vision gagnante

« Ce qu’on doit faire, c’est distribuer le journal à l’extérieur des Laurentides, pour leur montrer ce qu’on a à leur offrir. » Voilà ! Convaincues, elles fondent leur propre journal. Michèle au contenu, Diane à la vente. Pour mettre en valeur la région, elles créent plusieurs thématiques, jusqu’à produire huit éditions par année avec des sujets destinés aux lecteurs qu’elles visent : les touristes.

Vendre et reprendre

Durant près de 20 ans, Michèle et Diane mènent de main de maître leur journal. En mai 2008, elles vendent LPT à Kim Nymark. En tout, Michèle ne quittera le journal que deux mois. « Kim a apporté des nouveautés à LPT. C’est une fille qui aimait beaucoup l’aspect visuel. » Elle exigeait que chaque texte ait au moins une photo, contribuant ainsi à aérer le journal et à le rendre plus attrayant et agréable à consulter. « Elle a aussi modernisé le logo, tout en conservant ses fondements », ajoute Michèle.

Qu’est-ce qui fait le succès de LPT?

En 2012, Michèle reprend LPT. « C’est comme si j’avais un nouveau journal. J’ai monté une équipe et je l’ai amélioré en impliquant plein de monde. Ce que les gens aiment de LPT, c’est la diversité du contenu », soutient Michèle. Elle ajoute qu’il est « le seul journal fondé par un journaliste et non par un vendeur ». Résultat : l’espace occupé par des publicités ne dépasse jamais 50 % du journal.

Tout est à propos de sujets qui allument son équipe de journalistes, un principe auquel elle tient. « De quoi avez-vous envie qu’on parle ? Pour moi, cette dimension est très importante. » Loin d’offrir du « remâché », il partage des idées d’activités originales, du contenu créatif et des images authentiques. C’est un journal-magazine unique.

Une clientèle fidèle

Michèle a vu grandir les entreprises de ses clients. « Au-dessus d’une vingtaine de clients annoncent depuis plus de 25 ans avec nous. Ce n’est pas rien ! ». Son secret : elle en prend soin, s’intéresse à eux, à leur évolution… « Avec beaucoup de clients, j’ai développé une relation d’amitié. Je les ai vus évoluer, j’ai vu leur famille grandir. C’est spécial. Je fais maintenant affaire avec les enfants ! » Pour plusieurs, LPT est le seul journal papier dans lequel ils annoncent.

Une nouvelle ère

Durant la dernière année, Michèle a écrit un nouveau pan de l’histoire de son journal. Maintenant pleinement vivant sur la toile via sa plateforme Web, lapressetouristique.ca propose de nouvelles avenues et connaît un franc succès. Un tournant qui demandait de la vision, du cran et, disons-le, de l’investissement.

Et la relève?

À 71 ans, toujours fort active et unique maître à bord, bien au fait du marché et de la réalité dans son domaine, Michèle a plein d’idées et de grands projets pour LPT; certains sont amorcés, d’autres se dessinent. Elle s’interroge aussi sur la relève. « Des fois j’y pense. Je commence à en parler. » Qui poursuivra son œuvre ? À suivre.

Par Marie-Claude Marcotte