L’auteur-compositeur-interprète, réalisateur et producteur autodidacte Ian Kelly a élaboré au fil de sa carrière sa propre définition du succès. Pour lui, ça se résume à voir grandir ses quatre enfants au cœur de son cocon familial à Morin-Heights et se rendre à studio en mou, café à la main, alors que d’autres sont pris dans la circulation et dans le tourbillon effréné de la routine! Discussion avec un artiste polyvalent, discret, passionné, et plus que jamais amoureux du partage artistique!

Celui qui était récemment finaliste comme artiste de l’année 2020 (Laurentides) par le Conseil des arts et des lettres du Québec se dit flatté par cette reconnaissance des pairs. « Je n’ai pas été l’artiste le plus présent sur la scène musicale ces derniers temps, mais je crois que j’ai trouvé un bel équilibre entre la création, la réalisation, les collaborations et le partage de mon expérience. Avec le festival SuperFolk, je souhaite contribuer à l’effervescence artistique. »

Lorsqu’il songe à la pandémie, il est bien conscient qu’elle laissera des traces et il les espère positives. « Personne n’est satisfait des réunions Zoom, on prend conscience comme société de la valeur des contacts humains et de la place de l’art vivant. Ce ralentissement du rythme, je l’espérais », confie l’artiste de 41, ans en ajoutant qu’au cours de ses 11 années à Morin-Heights, il réalise plus que jamais la richesse de faire partie d’une communauté.

« La rencontre avec d’autres humains permet d’évoluer, de ne pas se répéter et de s’ouvrir à de nouvelles idées. Je suis dans une période à la fois créative et de collaboration. J’écris, je compose, je réalise, je passe beaucoup de temps en studio et j’adore ça. »  – Ian Kelly

Des projets sous le signe de la collaboration

Ses projets des derniers temps reflètent d’ailleurs très bien son intérêt pour la rencontre. « Je suis de moins en moins intéressé par la chanson en solitaire. J’aime apprendre, être déstabilisé, être challengé, m’ouvrir aux autres et m’améliorer comme humain et comme artiste. »

Un projet de musique de film qui a dû être annulé à cause de la pandémie se transforme en mini-album, une belle exploration hivernale pour l’artiste! « Je travaille aussi sur un projet avec mon voisin qui fait de la vidéo. Je m’intéresse de plus en plus à l’image dans mon travail. »

Loin d’être reconnu comme un fan des médias sociaux, Ian Kelly s’amuse en toute humilité depuis mai 2020 à partager son expérience et sa passion sur sa chaîne YouTube Dans le studio qui s’adresse aux musiciens et aux techniciens de tous les niveaux; aux aspirants auteurs-compositeurs/interprètes et aux artistes professionnels francophones. « C’est vraiment sans prétention et tout simplement pour permettre à d’autres de profiter de mes bons coups et de mes moins bons! »

Le succès pour Ian Kelly, c’est aussi de démontrer à ses enfants que, dans la vie, on peut faire ce que l’on veut. « C’est important de les exposer à différentes réalités, d’ouvrir leurs horizons. Qu’ils comprennent que quand on fait ce qu’on aime, on n’a pas besoin de reconnaissance à tout prix. Pour ma part, je chante pour moi, je n’ai pas absolument besoin des applaudissements après ma toune. Il y a plein de façons d’être un artiste, chacun doit trouver sa voie. »

À surveiller : Ian Kelly et l’équipe du SuperFolk à Morin-Heights préparent de belles surprises pour la 4e édition du festival! Info : www.iankellysmusic.com/

Le saviez-vous? Celui qui a toujours signé paroles et musique a endisqué l’an dernier une première collaboration pour la pièce titre du EP, Sous la glace. Ian Kelly signe les paroles sur une musique de Pieter Van Dessel, un multi-instrumentiste, compositeur et ami belge. Ian Kelly dit avoir été inspiré par la grande chance d’avoir quatre enfants en parfaite santé et aussi par l’inexplicable amour qu’il leur porte, par le sentiment qu’il ferait n’importe quoi pour eux.